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CE QUI NE SE VOIT PAS

Exposition du groupe RADO au terme d’une recherche de trois années dans le pays de Tulle. Projet à l'initiative de Peuple et Culture Corrèze. Commande publique du Centre national des arts plastiques.

Centre international d'art et du paysage, Île de Vassivière 
jusqu'au 2 novembre 2014 

 

L'exposition Ce qui ne se voit pas fut d'abord une double exposition, présentée dans l'église Saint-Pierre à Tulle (21 juin-12 août) et au Centre international d'art et du paysage sur l'île de Vassivière. Au terme de l'exposition de Tulle, nous avons eu envie d'expérimenter un nouvel accrochage au CIAP, en intégrant des oeuvres initialement montrées à Tulle, dont La Plate-forme multimodale, une "installation politique" de Florian Fouché, Adrien Malcor et Antoine Yoseph, ici présentée dans la NEF du CIAP - exposition visible actuellement.
Des terrains / Temps zéro

Exposition d'Antoine Yoseph

Centre régional de la photographie du Nord Pas-de-Calais, Douchy-les-Mines

jusqu'au 23 novembre 2014
 

« À l’occasion des commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale, l’exposition présentée à Douchy-les-Mines se propose d’examiner les rapports qu’entretiennent la photographie, le paysage et l’histoire, en associant une production spécifique de photographies et de documents à des œuvres (photographies ou dessins) issues de collections publiques.

Cette recherche, à la fois historique et plastique, a été initiée par la découverte d’un petit ensemble de photographies qu’Henri Le Secq (1818-1882) rassemblait, au milieu du XIXe siècle, sous le titre Au champ des Cosaques. Ces photographies, cinq "études de terrain" destinées aux peintres, décrivent les configurations d’un pré en lisière de forêt, et s’apparentent aux "coins de nature" pittoresques, alors largement diffusés par la gravure romantique. Mais la précision du titre, associée aux détails du sol éventré ou jonché de souches, produit une ambiguïté. Elle renvoie directement à l’épisode dont ce site a été le théâtre, et permet à Henri Le Secq d’évoquer la violence de la bataille de Montmirail (1814) sans en photographier les traces. Elle joue aussi sur la polysémie du mot terrain, qui désigne, dans le vocabulaire des beaux-arts, les parties d’un paysage représentant la terre nue, mais aussi, plus généralement, le lieu de l’action.

Les images de Le Secq font un trou. Elles ne prennent pas le relais des grandes machines périmées qui plaçaient la peinture d’histoire, celle des vainqueurs, au sommet de la hiérarchie des beaux-arts. Elles procèdent d’un déplacement métaphorique, qui associe l’étude de la nature à l’écriture de l’histoire.

Mais l’industrie de la guerre a balayé jusqu’aux fondements géographiques et historiques du monde ancien. Les quantités d’énergie libérées lors des combats de la Première Guerre mondiale produisent le déplacement et la minéralisation de volumes énormes de terre. Dans les forêts d’Europe, écrit le géographe Paul Arnould, "quatre ans de guerre peuvent être mis en parallèle avec le temps géologique de la dernière période froide de l’ère quaternaire".

Il n’y a plus de place pour un "coin de nature" dans les paysages dévastés de la guerre. Un siècle plus tard, alors que l’humanité se reconnait elle-même force géologique et trace ainsi les contours d’une nouvelle époque de la terre, ils sont le miroir où nous cherchons un nouveau langage pour dire notre expérience historique. »

Antoine Yoseph
 

Le samedi 18 octobre, Adrien Malcor donnera une conférence sur l'Independent group dans l'exposition.